
Le trouble des cauchemars est un trouble du sommeil qui se caractérise par des rêves fréquents, perturbants, effrayants ou menaçants pendant le sommeil, et qui perturbe de manière significative la vie quotidienne. Décrite dans le manuel de diagnostic DSM-5 de l'Association américaine de psychiatrie comme un ensemble de rêves récurrents, longs et extrêmement perturbants, ce trouble affecte directement le fonctionnement de la personne, la qualité de son sommeil et sa santé mentale en général.
Comment définir brièvement le trouble des cauchemars ?
Le trouble des cauchemars se caractérise par le fait que la personne fait, pendant la phase de sommeil paradoxal (mouvements oculaires rapides, ou REM), généralement vers le matin, des rêves extrêmement vivants et détaillés qui suscitent une peur intense, de l’anxiété, de l’horreur ou un sentiment d’impuissance, et que ces rêves, en devenant récurrents, altèrent de manière significative la qualité de vie de la personne.
Faire des cauchemars constitue-t-il un trouble ?
Non. Faire des cauchemars de temps à autre est une expérience humaine extrêmement courante et normale. Il arrive à beaucoup de gens de faire des cauchemars lors d’une période de stress, après une journée fatigante ou après un repas copieux, et cela ne constitue pas en soi le signe d’un trouble.
Pour que les cauchemars puissent être considérés comme un trouble, trois conditions fondamentales doivent être réunies : les cauchemars doivent être récurrents, provoquer une détresse notable chez la personne et entraîner une altération de la qualité du sommeil ou du fonctionnement diurne. Tant que ces trois conditions ne sont pas remplies, les cauchemars occasionnels ne nécessitent pas de diagnostic clinique.
À partir de quand les cauchemars constituent-ils un trouble ?
Comprendre à quel moment les cauchemars deviennent un problème clinique revêt une grande importance pour une intervention précoce. La fréquence, l’intensité et l’impact sur la vie quotidienne sont les trois critères déterminants de cette évaluation.
Que signifie « faire des cauchemars fréquents » ?
D’un point de vue clinique, le terme « fréquent » peut être défini comme le fait de faire au moins un cauchemar par semaine. Des études montrent qu’environ 2 à 8 % des adultes souffrent de cauchemars chroniques. Chez les enfants, ce taux est plus élevé : une part importante des enfants d’âge scolaire fait parfois des cauchemars. À mesure que la fréquence des cauchemars augmente, le lien entre [Traitement de l’anxiété] et les troubles du sommeil devient plus évident. Faire fréquemment des cauchemars est souvent le signe d’un trouble psychologique ou physiologique sous-jacent.
Comment les cauchemars affectent-ils la vie quotidienne ?
Le trouble des cauchemars n’est pas seulement un problème qui se manifeste la nuit. Ses répercussions sur la journée sont très concrètes :
- Le sommeil nocturne étant perturbé, la personne a l’impression de se réveiller sans s’être reposée.
- Une somnolence diurne, des difficultés de concentration et un manque d’attention apparaissent.
- La personne commence à appréhender l’heure du coucher ; elle redoute de s’endormir.
- Les performances au travail ou à l’école diminuent ; les relations sociales peuvent devenir difficiles.
- À long terme, le risque de développer une dépression ou des troubles anxieux augmente.
Dans quels cas faut-il consulter un spécialiste ?
Il est recommandé de consulter un psychiatre ou un spécialiste du sommeil dans les cas suivants :
- Si l’on fait plus d’un cauchemar par semaine
- Si les cauchemars rendent difficile l'endormissement ou le maintien du sommeil
- Si l'on ressent une fatigue importante, de l'anxiété ou une perte de fonctionnement pendant la journée
- Si les cauchemars ont commencé à la suite d’un traumatisme particulier
- Si l’enfant refuse de se coucher à cause de ses cauchemars
Quels sont les symptômes du trouble des cauchemars ?
Le trouble des cauchemars ne se résume pas à faire de mauvais rêves ; la manière dont on se réveille, le fonctionnement diurne et le rapport au sommeil constituent également des éléments importants de ce tableau clinique. Les symptômes les plus courants de ce trouble sont présentés ci-dessous.
Cauchemars récurrents et perturbants
Le symptôme principal est l’apparition fréquente de cauchemars perturbants. Ces cauchemars abordent généralement des thèmes tels que la menace, le danger, la perte, la mort, l’expulsion ou l’accident. Contrairement aux mauvais rêves ordinaires, les cauchemars liés au trouble des cauchemars sont très vivants et détaillés ; la personne peut s’en souvenir clairement à son réveil.
Réveil marqué par la peur ou l’anxiété
Dans le cadre du trouble des cauchemars, la personne se réveille le plus souvent effrayée, bouleversée ou en proie à une forte anxiété. Le réveil ayant généralement lieu pendant la phase de sommeil paradoxal, la personne est pleinement consciente dès son réveil et peut raconter le contenu de son rêve en détail. Les palpitations cardiaques, la transpiration et l’essoufflement font partie des symptômes physiques associés fréquemment observés.
Difficulté à se rendormir
La personne qui se réveille d’un cauchemar a du mal à se rendormir, car son esprit est encore imprégné du cauchemar et son niveau d’anxiété reste élevé. Cette situation réduit considérablement la durée du sommeil et altère sa qualité. Au fil du temps, la perte de sommeil s’accumule et peut entraîner une fatigue chronique ainsi que divers problèmes de santé.
Fatigue diurne et troubles de l’attention
On observe chez les personnes souffrant fréquemment de cauchemars un état de fatigue importante pendant la journée. Ce phénomène peut s’accompagner d’un manque de concentration, de difficultés à se focaliser, de troubles de la mémoire et d’une sensation générale de fatigue. Cela peut avoir des répercussions négatives notables sur les résultats scolaires, en particulier chez les enfants d’âge scolaire et les adolescents.
Comportement d’évitement du sommeil
À un stade avancé du trouble des cauchemars, la personne peut commencer, consciemment ou inconsciemment, à éviter de dormir. Le fait de repousser l’heure du coucher, d’éprouver des difficultés à s’endormir et de ressentir une anxiété intense avant de s’endormir font partie de ce tableau. Si ce cercle vicieux n’est pas brisé, les troubles du sommeil peuvent s’aggraver.
Quelles sont les causes du trouble des cauchemars ?
Il n’existe pas de cause unique au trouble des cauchemars ; de nombreux facteurs psychologiques, physiologiques et environnementaux peuvent jouer un rôle conjointement. Identifier correctement la cause sous-jacente constitue la base d’un plan de traitement efficace.
Stress et anxiété
Le stress de la vie quotidienne, la pression professionnelle, les problèmes relationnels ou l’angoisse liée aux examens comptent parmi les déclencheurs les plus courants des cauchemars. Sous l’effet du stress, le cerveau continue à traiter les dangers même pendant le sommeil, et ce processus peut se traduire par des cauchemars.
Expériences traumatisantes
Les expériences traumatiques constituent l’une des causes les plus importantes du trouble des cauchemars. Chez les personnes souffrant notamment du [syndrome de stress post-traumatique (SSPT)], les cauchemars récurrents constituent l’un des principaux symptômes de ce trouble. Les événements traumatiques, tels que les accidents, la violence, un deuil ou une catastrophe naturelle, peuvent laisser dans le cerveau des souvenirs qui ne parviennent pas à être assimilés et qui peuvent refaire surface pendant le sommeil.
Dépression et troubles anxieux
La [dépression] et les troubles anxieux sont souvent associés au trouble des cauchemars. Ces deux affections peuvent perturber l’architecture du sommeil et altérer la structure du sommeil paradoxal. Cette perturbation peut entraîner l’apparition de phases de sommeil paradoxal longues et perturbantes, au cours desquelles les cauchemars peuvent s’intensifier.
Perturbations du sommeil
Des horaires de sommeil irréguliers, un sommeil insuffisant ou excessif, le travail posté et le décalage horaire peuvent perturber le cycle du sommeil et favoriser l’apparition de cauchemars. En particulier, lors de longues périodes de sommeil suivant une privation de sommeil, le sommeil paradoxal peut se prolonger de manière disproportionnée, ce qui augmente le risque de cauchemars.
Médicaments et consommation de substances
Certains médicaments peuvent augmenter la fréquence des cauchemars. Parmi ceux-ci figurent notamment les antidépresseurs, les antihypertenseurs (bêtabloquants), les médicaments dopaminergiques et certaines préparations utilisées dans le traitement de la dépendance. Bien que l’alcool semble faciliter l’endormissement dans un premier temps, il inhibe le sommeil paradoxal ; la phase de « rebond » du sommeil paradoxal qui survient une fois que l’effet de l’alcool s’est estompé peut entraîner des cauchemars intenses.
Autres troubles du sommeil
Les troubles primaires du sommeil, tels que l’apnée du sommeil, le syndrome des jambes sans repos et la narcolepsie, peuvent également augmenter la fréquence des cauchemars. Dans le cas de l’apnée du sommeil en particulier, les arrêts respiratoires temporaires peuvent interrompre le sommeil paradoxal à plusieurs reprises, ce qui augmente le risque de faire des cauchemars.
Chez qui le trouble des cauchemars est-il plus fréquent ?
Bien que le trouble des cauchemars puisse toucher toutes les tranches d’âge, certaines personnes y sont plus fréquemment confrontées. L’âge, les expériences de vie et l’état de santé mentale sont les principaux facteurs qui influencent directement la fréquence de ce trouble.
Les cauchemars chez les enfants
Les cauchemars sont très fréquents pendant l’enfance. Chez les enfants âgés de 3 à 6 ans, la fréquence des cauchemars augmente parallèlement au développement de l’imagination. Des études montrent qu’environ 10 à 50 % des enfants âgés de 5 à 12 ans font parfois des cauchemars. À cette période, la grande majorité des cauchemars fait partie intégrante du processus de développement ; toutefois, si leur fréquence et leur intensité augmentent, une consultation auprès d’un spécialiste peut s’avérer nécessaire.
Les cauchemars chez les adolescents
L’adolescence est une période marquée par la convergence de nombreux facteurs, tels que les changements hormonaux, la recherche d’identité, la pression sociale et le stress scolaire. Tous ces facteurs peuvent accroître la fréquence des troubles liés aux cauchemars chez les adolescents. Le centre de traitement des émotions du cerveau adolescent n’étant pas encore pleinement mature, les souvenirs chargés d’émotions intenses peuvent resurgir sous forme de cauchemars pendant le sommeil.
Les cauchemars chez les adultes
Chez les adultes, le trouble des cauchemars est généralement lié au stress, à des problèmes professionnels ou à des conflits relationnels. Bien que la fréquence des cauchemars ait tendance à diminuer avec l’âge, certains adultes peuvent être confrontés à ce problème tout au long de leur vie. Chez les femmes, des études indiquent une augmentation de la fréquence des cauchemars, en particulier pendant la grossesse et la périménopause.
Les cauchemars chez les personnes ayant subi un traumatisme
Les personnes ayant vécu des expériences traumatisantes constituent le groupe présentant le risque le plus élevé de troubles liés aux cauchemars. On sait que 70 à 90 % des personnes chez lesquelles un TSPT a été diagnostiqué font fréquemment des cauchemars. Ces cauchemars consistent généralement en une répétition de l’événement vécu ou comportent des thèmes qui y font référence. Les cauchemars d’origine traumatique nécessitent une prise en charge thérapeutique particulièrement spécialisée.
Quelle est la différence entre un cauchemar et une terreur nocturne ?
Les cauchemars et les terreurs nocturnes sont tous deux des troubles du sommeil qui surviennent la nuit et affectent profondément la personne ; cependant, leurs mécanismes, leurs symptômes et leurs approches thérapeutiques diffèrent considérablement.
Qu’est-ce qu’un cauchemar ?
Un cauchemar est une expérience de sommeil survenant pendant la phase de sommeil paradoxal (REM) et caractérisée par des rêves effrayants ou perturbants. La personne se réveille généralement vers l’aube, au moment où le sommeil paradoxal est le plus intense, et peut se souvenir clairement du contenu de son rêve.
Qu’est-ce qu’une terreur nocturne ?
Une terreur nocturne est une parasomnie qui survient pendant la phase de sommeil non-REM, en particulier pendant la phase de sommeil profond. La personne se réveille brusquement en criant, en pleurant ou en bondissant hors du lit ; cependant, elle n’est pas réellement éveillée. Le matin, elle ne se souvient généralement de rien. Les terreurs nocturnes touchent surtout les enfants âgés de 4 à 12 ans.
Comment distinguer un cauchemar d’une terreur nocturne ?
Ces deux phénomènes sont souvent confondus. Le tableau ci-dessous résume leurs principales différences :
| Caractéristique | Cauchemar | Terreur nocturne (parasomnie) |
|---|---|---|
| Phase de sommeil | Sommeil paradoxal (généralement vers l'aube) | Sommeil non-REM (première moitié de la nuit) |
| Niveau de conscience | La personne est éveillée et consciente | Les yeux peuvent être ouverts, mais la conscience est trouble |
| Mémorisation | Les rêves sont clairement mémorisés | Le matin, on ne se souvient généralement de rien |
| Réaction | La personne peut se calmer au réveil | Impossible à réconforter, l'état de panique persiste |
| Symptômes | Peur, anxiété, palpitations | Cris, transpiration, sortie du lit |
| Tranche d'âge | Peut survenir à tout âge | Plus fréquent chez les enfants (4 à 12 ans) |
| Langage | Parle normalement lorsqu’il est éveillé | Peut émettre des sons inintelligibles |
| Danger | Généralement faible | Risque de blessure possible (en cas de somnambulisme) |
Quelle est la différence entre un cauchemar et une paralysie du sommeil ?
Les cauchemars et la paralysie du sommeil sont parfois confondus dans le langage courant ; or, il s'agit de deux phénomènes distincts, tant du point de vue de l'expérience que du mécanisme biologique.
Qu'est-ce que la paralysie du sommeil ?
La paralysie du sommeil, communément appelée « paralysie du sommeil » (sleep paralysis), est un état dans lequel, au moment de s'endormir ou de se réveiller, la personne est temporairement incapable de bouger son corps et de parler. Au cours de ce processus, la personne peut souvent ressentir une sensation d'oppression dans la poitrine, avoir des difficultés à respirer et parfois même avoir des hallucinations visuelles ou auditives.
Le karabasan résulte en réalité du chevauchement entre la paralysie musculaire induite par le sommeil paradoxal (atonie REM) et le processus de réveil. Bien que le cerveau soit réveillé, le corps est encore en mode sommeil. Cet état peut durer de quelques secondes à quelques minutes et disparaît spontanément.
Les cauchemars et la paralysie du sommeil sont-ils la même chose ?
Non, les cauchemars et la paralysie du sommeil (cauchemar éveillé) sont deux phénomènes distincts. Les cauchemars sont des rêves perturbants qui surviennent pendant le sommeil ; la personne peut bouger pendant un cauchemar et « interagir » activement avec le contenu du rêve. Dans le cas de la paralysie du sommeil, en revanche, la personne se trouve dans un état proche de la conscience mais est incapable de bouger son corps ; elle peut alors être en proie à des hallucinations, telles que des silhouettes sombres, une sensation d’oppression ou des bruits.
Ces deux phénomènes peuvent être extrêmement perturbants ; cependant, leurs mécanismes et les approches pour y faire face diffèrent. Alors que les cauchemars concernent généralement le contenu du rêve, la paralysie du sommeil est en grande partie le résultat d’un processus de transition biologique.
Quand faut-il prendre la paralysie du sommeil au sérieux ?
La paralysie du sommeil est généralement inoffensive lorsqu’elle est occasionnelle. Cependant, si elle se répète fréquemment, si elle entraîne une somnolence diurne et une perte de fonctionnement, ou si elle s’accompagne de symptômes de narcolepsie (crises de somnolence soudaines, faiblesse soudaine), il est recommandé de consulter un spécialiste du sommeil.
Comment diagnostiquer un trouble des cauchemars ?
Un diagnostic précis du trouble des cauchemars est une étape cruciale pour mettre en place un plan de traitement adapté. Le processus de diagnostic comprend généralement un entretien clinique, une évaluation des antécédents de sommeil et, si nécessaire, des examens complémentaires.
Évaluation des antécédents de sommeil
Le processus de diagnostic commence par la collecte d’un historique complet du sommeil. Le spécialiste évalue quand les cauchemars ont commencé, leur fréquence, leur contenu (notamment s’il y a des thèmes récurrents), le temps de récupération après le réveil et la qualité du sommeil.
Analyse de la fréquence et du contenu des cauchemars
Le contenu, la fréquence et la structure des cauchemars fournissent des informations importantes pour le diagnostic. On examine en particulier les thèmes récurrents (tels que l’expulsion, la chute, la mort, les catastrophes) et leur lien avec des événements spécifiques. Les journaux de rêves tenus par le patient peuvent s’avérer extrêmement utiles dans ce processus.
Évaluation psychiatrique
Le trouble des cauchemars s’accompagne le plus souvent de troubles psychiatriques. C’est pourquoi une évaluation psychiatrique approfondie est réalisée afin de dépister une dépression, des troubles anxieux, un syndrome de stress post-traumatique (SSPT) et d’autres troubles de la santé mentale. Si nécessaire, des échelles psychométriques standardisées et des entretiens cliniques structurés sont utilisés.
Un test du sommeil est-il nécessaire ?
La polysomnographie (test du sommeil) n’est généralement pas nécessaire pour le diagnostic de routine du trouble des cauchemars. Toutefois, un examen en laboratoire du sommeil peut être réalisé en cas de suspicion d’un trouble du sommeil concomitant, tel que les terreurs nocturnes, l’apnée du sommeil ou la narcolepsie, ou lorsqu’il est nécessaire de distinguer le trouble des cauchemars d’autres parasomnies.
Comment traite-t-on le trouble des cauchemars ?
Le trouble des cauchemars est une affection qui peut être traitée grâce à des approches adaptées. La priorité dans le traitement est de s’attaquer à la cause sous-jacente du trouble ; à cette fin, la psychothérapie, la régulation du sommeil et, si nécessaire, un traitement médicamenteux peuvent être associés.
Identification de la cause sous-jacente
Afin d’élaborer un plan de traitement efficace, il faut tout d’abord identifier les causes sous-jacentes du trouble des cauchemars. S’agit-il d’une dépression, d’un TSPT, d’une apnée du sommeil ou d’un effet secondaire médicamenteux ? Si une cause est identifiée, un plan d’intervention spécifique est mis en place pour y remédier.
La psychothérapie
La psychothérapie figure parmi les approches principales et les plus efficaces dans le traitement du trouble des cauchemars. Il existe diverses méthodes thérapeutiques ciblant les origines psychologiques des cauchemars.
Thérapie cognitivo-comportementale
[La thérapie cognitivo-comportementale (TCC)], dans sa forme adaptée au sommeil (TCC-S), constitue également une option efficace dans le traitement du trouble des cauchemars. Lors des séances de TCC menées en parallèle d’un traitement de l’anxiété, les schémas de pensée négatifs liés au sommeil et aux cauchemars sont abordés, les croyances alimentant l’anxiété liée au sommeil sont restructurées et des habitudes de sommeil saines sont acquises.
Thérapie par simulation d’images
La thérapie par simulation d’images (TSI) est une méthode de psychothérapie fondée sur des preuves et extrêmement efficace, spécialement développée pour le trouble des cauchemars.
La thérapie par simulation d’images est une intervention cognitivo-comportementale structurée, utilisée en particulier dans le traitement du trouble chronique des cauchemars et des cauchemars liés à un traumatisme.
Le principe fondamental de cette méthode consiste à amener la personne à modifier consciemment, à l’état de veille, le contenu de ses cauchemars récurrents.
La thérapie se compose de trois étapes fondamentales :
- La personne décrit en détail, par écrit ou oralement, le scénario de son cauchemar angoissant.
- Elle réécrit ensuite la fin de ce scénario ou une partie cruciale de celui-ci sous une forme plus positive, sans élément effrayant, ou dans laquelle elle en est la héroïne.
- Enfin, chaque jour, généralement avant de se coucher, la personne visualise mentalement ce nouveau scénario de manière vivante (elle le répète).
Des recherches montrent que la GPT réduit de manière significative la fréquence et l’intensité des cauchemars, améliore la qualité du sommeil et a également des effets positifs sur les symptômes du SSPT. Des méta-analyses regroupant les données de plusieurs essais cliniques confirment solidement l’efficacité de cette méthode.
La GPT est généralement mise en œuvre au cours d’un processus de 4 à 6 semaines, lors de séances hebdomadaires. Elle peut être pratiquée en thérapie individuelle, mais s’avère également efficace en groupe.
Thérapie EMDR
[EMDR (Désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires)] est une méthode de psychothérapie fondée sur des preuves, notamment utilisée dans le traitement des cauchemars liés au trouble de stress post-traumatique (TSPT). L’EMDR permet au cerveau de traiter de manière saine les souvenirs traumatiques. On constate que les cauchemars liés au traumatisme diminuent de manière significative grâce à l’EMDR et disparaissent parfois complètement.
Un traitement médicamenteux est-il nécessaire ?
Dans le traitement des cauchemars, les médicaments sont généralement considérés comme une option de deuxième choix ; la psychothérapie est privilégiée dans la mesure du possible. Cependant, dans certains cas, notamment en cas de cauchemars graves et réfractaires liés au TSPT, un traitement médicamenteux peut être associé à la thérapie.
Que peut-on faire pour réduire les cauchemars ?
Outre le soutien d’un spécialiste, des habitudes simples mais efficaces à adopter au quotidien peuvent réduire considérablement la fréquence des cauchemars. Ces mesures soutiennent le traitement et améliorent la qualité globale du sommeil.
Mettre en place une routine de sommeil régulière
Se coucher et se lever tous les jours à la même heure permet de réguler le cycle veille-sommeil et favorise le bon fonctionnement de l’horloge biologique. Cette régularité améliore la structure du sommeil paradoxal et réduit le risque de cauchemars.
Veiller à une bonne hygiène de sommeil
L’hygiène du sommeil désigne l’ensemble des habitudes nécessaires à un sommeil de qualité. Utiliser la chambre uniquement pour dormir et se reposer, veiller à ce que la pièce soit sombre, fraîche et calme, et éviter toute utilisation d’écrans au moins une heure avant de se coucher améliorent la qualité du sommeil.
Gérer le stress
Des techniques telles que les exercices de respiration profonde, la méditation, la pleine conscience (mindfulness) et la relaxation musculaire progressive réduisent le stress accumulé au cours de la journée, éliminant ainsi les facteurs propices aux cauchemars. Il est particulièrement bénéfique de pratiquer ces techniques avant de se coucher.
Tenir un journal des rêves
Noter le contenu des cauchemars dès le réveil permet, avec le temps, de repérer des schémas récurrents et de travailler sur ces contenus avec un thérapeute. Tenir un journal des rêves constitue également la première étape de la thérapie par simulation d’images.
Éviter les contenus stimulants avant de se coucher
Les informations violentes, les films d’horreur ou les contenus angoissants sur les réseaux sociaux, consultés dans les heures précédant le coucher, peuvent augmenter le risque de faire des cauchemars. C’est pourquoi il est recommandé de se tourner vers des activités apaisantes (lecture, musique douce, petite promenade) une à deux heures avant de se coucher.
Les cauchemars chez les enfants
Pourquoi les enfants font-ils des cauchemars ?
Parmi les causes les plus courantes des cauchemars chez les enfants, on peut citer les peurs propres aux différentes étapes du développement (le noir, la solitude, les créatures imaginaires), le stress familial, un changement d’école, la naissance d’un frère ou d’une sœur, la séparation d’avec la famille et les expériences traumatisantes. Les contes effrayants ou les contenus télévisés et de jeux vidéo inadaptés peuvent également provoquer des cauchemars chez les enfants.
Comment distinguer les cauchemars des terreurs nocturnes chez les enfants ?
Les cauchemars surviennent généralement pendant la seconde moitié de la nuit ; l’enfant se réveille en pleurant ou avec une expression effrayée et peut être réconforté. Dans le cas des terreurs nocturnes, l’enfant pousse un cri soudain pendant la première moitié de la nuit ; bien que ses yeux soient ouverts, il n’est pas réellement éveillé et ne peut pas être réconforté. Le matin, il ne se souvient pas de l’incident.
Que doivent faire les parents ?
Lorsque l’enfant se réveille en pleine crise de cauchemar, les parents peuvent suivre les étapes suivantes :
- Apaiser l’enfant d’une voix calme et rassurante ; le contact physique (un câlin) procure un sentiment de sécurité.
- Expliquez-lui que ce n’est « qu’un rêve » et insistez sur le fait que ce n’est pas réel.
- Allumer brièvement la lumière dans la chambre peut atténuer l’anxiété.
- Laissez l'enfant raconter son rêve ; ne le forcez pas.
- Renforcez la routine du coucher avec des activités apaisantes (lecture d’un conte, musique douce).
Quand faut-il consulter un psychiatre pour enfants et adolescents ?
Il est recommandé de consulter le service de [psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent] dans les cas suivants :
- Si l’enfant fait plus d’un cauchemar par semaine
- Si l’enfant refuse d’aller se coucher ou de dormir dans sa chambre
- Si les cauchemars commencent à affecter les résultats scolaires et la vie sociale
- Si les cauchemars ont commencé à la suite d’un événement traumatisant
- Si les cauchemars s'accompagnent d'une anxiété intense, d'une peur excessive ou de changements de comportement pendant la journée
À quel service s'adresser en cas de trouble des cauchemars ?
Consulter le bon spécialiste en cas de trouble des cauchemars permet un déroulement rapide et efficace du processus de diagnostic et de traitement. Le service à consulter peut varier en fonction de l'âge de la personne et des symptômes associés à ce trouble.
Service de psychiatrie
Chez les adultes, le premier service vers lequel s’orienter en cas de trouble des cauchemars est [le service de psychiatrie]. Le psychiatre procède à une évaluation approfondie afin de déterminer la cause du trouble, met en place une psychothérapie ou prescrit un traitement médicamenteux si nécessaire.
Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent
Pour les personnes âgées de moins de 18 ans, ce sont les [spécialistes en psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent] qui procèdent à l'évaluation. Ces spécialistes planifient un processus de diagnostic et de traitement adapté, en tenant compte des caractéristiques développementales de l'enfant.
Troubles du sommeil
En cas de suspicion d’un trouble du sommeil associé (tel que l’apnée du sommeil, la narcolepsie ou le syndrome de comportement paradoxal du sommeil paradoxal) ou lorsqu’une polysomnographie (examen du sommeil) s’avère nécessaire, le patient peut être orienté vers l’unité des troubles du sommeil ou le service de neurologie.
