Troubles neurodéveloppementaux

Que sont les troubles neurodéveloppementaux ?

Les troubles neurodéveloppementaux constituent un ensemble de troubles liés au développement cérébral de l’enfant, susceptibles d’affecter l’apprentissage, l’attention, la communication, les interactions sociales, la motricité, le comportement et les compétences de la vie quotidienne. Ces troubles sont généralement détectés pendant l’enfance et leurs symptômes peuvent varier en fonction de l’âge de l’enfant, de son niveau de développement, de son environnement et d’autres troubles associés. Chez certains enfants, les symptômes se manifestent dès la petite enfance, tandis que chez d’autres, ils deviennent plus visibles au cours des années d’école primaire, lorsque les attentes scolaires augmentent.

Les troubles neurodéveloppementaux ne constituent pas un groupe homogène. Différents tableaux cliniques peuvent être pris en compte dans ce cadre, tels que le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité, les troubles du spectre autistique, la dyslexie, les troubles du langage et de la parole, les tics et le syndrome de Gilles de la Tourette. Dans ces situations, l’objectif n’est pas seulement de poser un diagnostic, mais aussi de comprendre de manière globale les points forts de l’enfant, les domaines dans lesquels il rencontre des difficultés, ainsi que ses besoins au sein de la famille et de l’environnement scolaire. Une prise de conscience précoce, une évaluation par des spécialistes compétents et un accompagnement régulier jouent un rôle important dans l’amélioration de la qualité de vie de l’enfant.

Les troubles neurodéveloppementaux peuvent affecter non seulement la réussite scolaire de l’enfant, mais aussi sa confiance en soi, ses relations avec ses camarades, la communication au sein de la famille et son adaptation à la vie quotidienne. Par exemple, un enfant qui a du mal à maintenir son attention peut être considéré comme peu motivé ou paresseux parce qu’il échoue en classe. Un enfant présentant des difficultés de lecture peut être critiqué parce qu’on estime qu’il ne travaille pas assez. Un enfant ayant des difficultés de communication sociale peut quant à lui être perçu à tort comme renfermé, inadapté ou indifférent. Or, une grande partie de ces symptômes peut être liée aux caractéristiques neurodéveloppementales de l’enfant et peut être gérée grâce à un accompagnement adapté.

C’est pourquoi la détection précoce des troubles neurodéveloppementaux revêt une importance capitale. L’évaluation conjointe des caractéristiques développementales de l’enfant par les familles, les enseignants et les professionnels de santé permet de déterminer si les symptômes correspondent à un comportement passager ou à une différence développementale nécessitant un accompagnement. Grâce à une évaluation précoce, il est possible de mettre en place une éducation, une thérapie, un accompagnement familial et des aménagements scolaires adaptés à l’enfant. Ainsi, l’enfant bénéficie non seulement d’un soutien dans les domaines où il rencontre des difficultés, mais il a également l’occasion de développer ses points forts.

Qu’est-ce qu’un trouble neurodéveloppemental ?

Les troubles neurodéveloppementaux se caractérisent par des différences survenant au cours du développement du cerveau et entraînant des difficultés chez l’enfant dans les domaines du comportement, de l’apprentissage, de la communication, de l’attention, de la motricité ou de l’adaptation sociale. Ces troubles apparaissent généralement dès la petite enfance. Les symptômes ne se manifestent pas nécessairement avec la même intensité chez tous les enfants ; chez certains, ce sont de légères difficultés scolaires qui prédominent, tandis que d’autres peuvent présenter un besoin d’accompagnement plus marqué dans les domaines de la communication sociale, des soins personnels, de la coordination motrice ou de la régulation comportementale.

Une caractéristique importante de ces troubles est leur nature développementale. En d’autres termes, les symptômes peuvent évoluer à mesure que l’enfant grandit, que les attentes de son environnement augmentent et que les tâches sociales et scolaires se complexifient. Par exemple, un enfant chez qui un retard de langage a été constaté en période préscolaire peut, à l’âge scolaire, présenter des difficultés de lecture et d’écriture ou des problèmes d’attention

. C’est pourquoi les troubles neurodéveloppementaux ne doivent pas être considérés uniquement comme des « problèmes passagers de l’enfance » ; ils doivent être abordés comme des situations nécessitant un suivi tout au long du parcours de développement de l’enfant.

Quels sont les troubles neurodéveloppementaux ?

Les troubles neurodéveloppementaux englobent différents groupes de diagnostics. L’un des plus connus est le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité, ou TDAH. Dans le cas du TDAH, l’enfant peut présenter des symptômes tels que des difficultés à maintenir son attention, une hyperactivité, une impulsivité, des difficultés à suivre des consignes, la perte de ses affaires, des troubles de la mémoire et des difficultés à attendre. Cette situation peut avoir des répercussions sur la réussite scolaire, les relations avec les camarades et la communication au sein de la famille. Le trouble du spectre de l’autisme, quant à lui, peut se manifester par des difficultés de communication sociale, d’interaction réciproque, des centres d’intérêt restreints, des comportements répétitifs et une hypersensibilité sensorielle. Les symptômes de l’autisme couvrent un large éventail. Certains enfants se font remarquer par un retard de langage, tandis que d’autres, bien qu’ils puissent parler, peuvent rencontrer des difficultés dans la communication sociale, l’établissement d’un contact visuel, les compétences ludiques ou dans les situations nécessitant de la flexibilité.

Les troubles spécifiques des apprentissages sont également classés parmi les troubles neurodéveloppementaux. La dyslexie est un trouble spécifique des apprentissages qui affecte la capacité à lire. L’enfant peut confondre les lettres, lire lentement, avoir du mal à comprendre ce qu’il lit ou faire des fautes d’orthographe. Par ailleurs, on peut également observer des troubles des apprentissages affectant l’expression écrite et les compétences en mathématiques. Les troubles du langage et de la parole peuvent se manifester par des difficultés de l’enfant à comprendre la parole, à s’exprimer, à articuler correctement les sons, à parler couramment ou à communiquer socialement. Les tics et le syndrome de Gilles de la Tourette se caractérisent par des mouvements ou des sons involontaires, soudains et répétitifs. Des symptômes tels que le clignement des yeux, le haussement d’épaules, le raclement de gorge, le reniflement ou la répétition de certains sons peuvent être observés.

L’évaluation de ces troubles peut faire appel à plusieurs disciplines : la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, la neurologie pédiatrique, l’orthophonie, l’éducation spécialisée, l’évaluation psychologique et, dans certains cas, l’ergothérapie ou la rééducation sensorielle.

Quels sont les symptômes des troubles neurodéveloppementaux ?

Les symptômes des troubles neurodéveloppementaux varient en fonction du diagnostic et du stade de développement de l’enfant. De manière générale, on peut observer des signes tels que des troubles de l’attention, un retard de la parole, des difficultés d’interaction sociale, des troubles d’apprentissage, des difficultés de régulation comportementale, des mouvements répétitifs, une hypersensibilité sensorielle, des difficultés motrices et des résultats scolaires inférieurs au niveau attendu.

Pendant la petite enfance et la première enfance, l’absence de contact visuel, le fait de ne pas se tourner vers son prénom, de ne pas pointer du doigt, le retard dans le développement de l’attention conjointe, le retard de langage, des capacités de jeu limitées ou une réaction excessive aux sons, aux textures et à la lumière peuvent attirer l’attention des parents. À l’âge préscolaire, l’incapacité à jouer avec ses camarades, la difficulté à suivre des consignes, le besoin constant d’être en mouvement, les crises de colère, un retard de langage ou une élocution inintelligible peuvent se manifester.

À l’âge scolaire, on peut observer des difficultés à apprendre à lire et à écrire, une confusion entre les lettres, une perte rapide de concentration en classe, une incapacité à terminer ses devoirs, de l’oubli, des difficultés à respecter les règles de la classe, des problèmes relationnels avec les camarades et une baisse notable des résultats scolaires. À l’adolescence, des problèmes d’attention, des difficultés de planification et de gestion du temps, une anxiété sociale, un manque de confiance en soi ou une baisse de la motivation scolaire liée à des difficultés d’apprentissage peuvent se manifester.

La présence de ces symptômes ne signifie pas toujours à elle seule un diagnostic. Cependant, si ces symptômes sont persistants et qu’ils affectent la vie quotidienne de l’enfant, ses résultats scolaires, ses relations familiales ou son adaptation sociale, il est important de consulter un spécialiste.

Quelles sont les causes des troubles neurodéveloppementaux ?

Les causes des troubles neurodéveloppementaux ne peuvent être réduites à un seul facteur. Une prédisposition génétique, des processus biologiques affectant le développement cérébral, certains risques liés à la grossesse et à l’accouchement, des problèmes de santé pendant la petite enfance et des facteurs environnementaux peuvent jouer un rôle conjointement. Les causes ne sont pas nécessairement les mêmes chez chaque enfant et, bien souvent, il s’agit d’une interaction entre plusieurs facteurs.

La présence dans la famille d’un TDAH, d’un trouble du spectre de l’autisme, d’une dyslexie, de tics ou de difficultés de développement similaires peut augmenter le risque chez certains enfants. Cependant, une prédisposition génétique ne signifie pas nécessairement que le trouble se manifestera. Certaines infections contractées pendant la grossesse, une naissance prématurée, un faible poids à la naissance, des complications à l’accouchement ou des pathologies susceptibles d’affecter le développement neurologique peuvent également être considérés comme des facteurs de risque.

Les facteurs environnementaux peuvent également influencer le développement de l’enfant. Cependant, les troubles neurodéveloppementaux ne sont pas dus à une « mauvaise attitude » des familles. L’approche familiale est très importante pour la prise en charge des symptômes et le soutien apporté à l’enfant ; cependant, ces troubles reposent souvent sur des processus biologiques et développementaux complexes. C’est pourquoi il convient d’éviter toute approche accusatrice envers les familles et de se concentrer sur une information correcte et des interventions de soutien.

Qui est concerné par les troubles neurodéveloppementaux ?

Les troubles neurodéveloppementaux peuvent toucher des enfants de tous âges, de tous sexes, de tous niveaux socio-économiques et de tous groupes culturels. Certains troubles sont plus fréquemment observés chez les garçons ; cela ne signifie toutefois pas qu’ils ne touchent pas les filles. Dans des cas tels que le TDAH et l’autisme notamment, les symptômes chez les filles peuvent se manifester de manière différente ou plus subtile. C’est pourquoi certaines filles peuvent être diagnostiquées et bénéficier d’un accompagnement plus tardivement.

Les troubles neurodéveloppementaux ne touchent pas uniquement les enfants présentant des symptômes graves. Les enfants présentant des symptômes légers peuvent également rencontrer des difficultés à l’école, dans leurs relations avec leurs camarades ou dans leurs activités quotidiennes. Par exemple, un enfant très intelligent peut rencontrer des difficultés marquées en lecture en raison d’une dyslexie. Un enfant qui semble bien s’intégrer socialement peut ne pas parvenir à exprimer tout son potentiel lors d’examens en raison de problèmes d’attention. Un enfant qui s’exprime bien peut avoir du mal à comprendre les indices sociaux dans le cadre d’un trouble du spectre de l’autisme.

C’est pourquoi, lors d’une évaluation, il ne suffit pas de se limiter à l’observation générale de l’enfant. Il convient de prendre en compte conjointement son parcours de développement, les observations de la famille, les retours des enseignants, ses résultats scolaires, ses compétences sociales et l’évaluation clinique.

Comment détecter les troubles neurodéveloppementaux ?

Les observations de la famille, les retours des enseignants et un suivi régulier du développement jouent un rôle essentiel dans la détection des troubles neurodéveloppementaux. Les familles consultent généralement un spécialiste en raison d’un retard de langage chez l’enfant, de difficultés à jouer avec ses camarades, d’une agitation constante, d’une incapacité à obéir aux consignes, de difficultés d’apprentissage ou de comportements répétitifs.

Les enseignants, quant à eux, ont l’occasion d’observer la capacité d’attention de l’enfant en classe, son rythme d’apprentissage, ses relations avec ses camarades, sa capacité à suivre des consignes et son comportement. C’est pourquoi les retours d’information provenant de l’école sont précieux dans le processus de diagnostic. Cependant, l’observation de l’enseignant ne suffit pas à elle seule pour établir un diagnostic ; elle doit être étayée par l’évaluation d’un spécialiste.

Les étapes du développement doivent également être prises en compte lors du processus de détection. On attend d’un enfant qu’il s’exprime, joue, établisse des interactions sociales, développe ses capacités motrices et progresse dans ses aptitudes d’apprentissage de manière adaptée à son âge. En cas de retard manifeste, de régression ou de difficultés affectant le fonctionnement dans ces domaines, il est recommandé de procéder à une évaluation.

L’approche consistant à « attendre que ça passe » peut notamment entraîner un retard dans la mise en place d’un accompagnement chez certains enfants. Tout retard ne signifie pas nécessairement un trouble grave ; cependant, une évaluation précoce permet d’identifier les besoins éventuels et d’orienter correctement l’enfant.

Les troubles neurodéveloppementaux peuvent-ils se manifester conjointement ?

Oui, les troubles neurodéveloppementaux peuvent coexister. Un enfant peut présenter à la fois un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) et un trouble spécifique des apprentissages. Chez un enfant atteint d’un trouble du spectre de l’autisme, des difficultés linguistiques et de la parole, des problèmes d’attention, une hypersensibilité sensorielle ou des troubles de la coordination motrice peuvent être présents. Chez les enfants atteints du syndrome de Gilles de la Tourette, un TDAH, des troubles des apprentissages ou des symptômes d’anxiété peuvent coexister.

Cette cooccurrence peut compliquer le processus de diagnostic. Par exemple, un enfant présentant des difficultés de lecture peut donner l’impression de souffrir d’un TDAH parce qu’il ne parvient pas à maintenir son attention en classe ; or, le problème sous-jacent pourrait être la dyslexie. De même, un enfant incapable de se concentrer en classe en raison d’un TDAH peut prendre du retard scolaire, ce qui peut être confondu avec des troubles d’apprentissage. C’est pourquoi il est essentiel de procéder à une évaluation approfondie.

L’identification des troubles concomitants a une incidence directe sur le plan de prise en charge et de soutien. Plutôt que de se concentrer sur un seul symptôme, il convient d’évaluer l’ensemble des domaines de développement de l’enfant. Cela permet de planifier plus précisément les soutiens psychiatriques, neurologiques, éducatifs, thérapeutiques et familiaux.

Comment diagnostique-t-on les troubles neurodéveloppementaux ?

Le diagnostic des troubles neurodéveloppementaux repose sur une évaluation spécialisée. Au cours du processus de diagnostic, l’historique du développement de l’enfant, les informations relatives à la grossesse et à l’accouchement, le développement pendant la petite enfance, les antécédents familiaux, les résultats scolaires, les caractéristiques comportementales et les compétences en matière de communication sociale sont examinés en détail. Les informations fournies par la famille et les enseignants viennent étayer cette évaluation.

La pédiatrie psychiatrique est l’un des domaines clés dans l’évaluation, notamment du TDAH, des troubles du spectre de l’autisme, des tics, ainsi que des troubles comportementaux et émotionnels associés. La neurologie pédiatrique peut quant à elle intervenir dans les cas nécessitant un examen neurologique, notamment en cas de suspicion de crises épileptiques, de retard de développement, de troubles moteurs ou de suspicion de maladie neurologique sous-jacente.

Au cours du processus de diagnostic, outre l’entretien clinique, on peut recourir à des tests de développement, des évaluations de l’attention et de l’apprentissage, des tests de QI, des évaluations du langage et de la parole, des outils de dépistage et d’évaluation de l’autisme, des tests de compétences scolaires et des questionnaires destinés aux enseignants et aux parents. Le choix des tests à réaliser dépend de l’âge de l’enfant, de ses symptômes et de la raison de la consultation.

Un seul test ne suffit généralement pas pour établir un diagnostic. L’évaluation doit être globale et les résultats doivent être interprétés en tenant compte du fonctionnement de l’enfant dans la vie quotidienne.

Comment se déroule le traitement des troubles neurodéveloppementaux ?

Dans le cas des troubles neurodéveloppementaux, le processus de traitement et de soutien est planifié en fonction du diagnostic de l’enfant, de la gravité de ses symptômes, de son âge, de ses points forts et de ses besoins. On n’applique pas la même méthode à tous les enfants. L’objectif est d’atténuer les symptômes, d’améliorer le fonctionnement de l’enfant, de soutenir la famille, de renforcer l’adaptation scolaire et d’aider l’enfant à révéler son potentiel.

Dans le cas du TDAH, des mesures comportementales, une formation des parents, des aménagements scolaires et, si nécessaire, un traitement médicamenteux peuvent être envisagés. Dans le trouble du spectre de l’autisme, une éducation spécialisée précoce, des activités favorisant les compétences de communication sociale, une orthophonie, des interventions comportementales et un soutien adapté aux besoins sensoriels sont essentiels. En cas de dyslexie et d’autres troubles d’apprentissage, des programmes éducatifs individualisés, des activités d’éducation spécialisée visant à renforcer les compétences en lecture et en écriture, ainsi que des aménagements scolaires peuvent être mis en place.

En cas de troubles du langage et de la parole, l’orthophonie joue un rôle important dans le développement des capacités de communication de l’enfant. Pour les tics et le syndrome de Gilles de la Tourette, on peut envisager des thérapies comportementales, la psychoéducation, la gestion du stress, un soutien scolaire et, si nécessaire, un traitement médicamenteux. En cas d’hypersensibilité sensorielle, de difficultés de planification motrice ou de problèmes dans les activités de la vie quotidienne, l’ergothérapie et les pratiques d’intégration sensorielle peuvent être envisagées comme une option de soutien.

Le processus thérapeutique ne se limite pas à des entretiens avec l’enfant. Il est nécessaire d’établir une collaboration entre la famille, l’école et les spécialistes, d’assurer un suivi régulier des objectifs et de mettre à jour le plan en fonction des besoins.

Pourquoi le diagnostic précoce est-il important dans les troubles neurodéveloppementaux ?

Un diagnostic précoce permet à l’enfant de bénéficier en temps opportun du soutien dont il a besoin en cas de troubles neurodéveloppementaux. Au cours de la petite enfance, période marquée par un développement cérébral rapide, des interventions adaptées peuvent avoir un impact positif sur les capacités de l’enfant en matière de communication, d’interaction sociale, d’attention, d’apprentissage et de régulation comportementale. Un soutien mis en place dès le plus jeune âge peut contribuer à réduire les difficultés scolaires, sociales et émotionnelles susceptibles d’apparaître au cours des années suivantes.

Lorsque le trouble est détecté tardivement, l’enfant peut être confronté pendant longtemps à l’échec, aux critiques, à l’exclusion ou à une perte de confiance en soi. Par exemple, un enfant dyslexique, s’il ne bénéficie pas d’un soutien adapté, peut être qualifié de « paresseux » ou de « peu motivé ». Un enfant atteint de TDAH peut se sentir incompétent s’il est constamment réprimandé. Un enfant atteint d’un trouble du spectre de l’autisme peut se retrouver isolé dans ses relations amicales s’il éprouve des difficultés dans la communication sociale.

Un diagnostic précoce permet également aux familles de mieux comprendre le comportement de l’enfant. Ainsi, au lieu de recourir à des reproches, à la pression ou à des méthodes disciplinaires inappropriées, il est possible d’adopter une approche adaptée à ses besoins développementaux. Le diagnostic précoce est important non pas pour étiqueter l’enfant, mais pour lui permettre d’accéder à un soutien adapté.

Que doivent faire les familles face aux troubles neurodéveloppementaux ?

Les familles doivent avant tout observer attentivement le développement de l’enfant et consulter un spécialiste si elles ont des inquiétudes. Si un retard de langage, des troubles de l’attention, des difficultés de communication sociale, des problèmes d’apprentissage, des tics, une hypersensibilité sensorielle ou des troubles de la régulation comportementale persistent pendant une longue période, il ne faut pas reporter l’évaluation par un professionnel.

Il est important que les familles évitent de comparer constamment l’enfant à ses camarades du même âge. Le rythme de développement peut varier d’un enfant à l’autre ; toutefois, en cas de retard manifeste ou de perte de fonctionnalité, il est nécessaire de solliciter un soutien. Une communication ouverte, sereine et structurée doit s’instaurer au sein de la famille ; il convient de mettre en avant les points forts de l’enfant et de le soutenir dans les domaines où il rencontre des difficultés.

Mettre en place une routine à la maison, donner des consignes courtes et claires, renforcer les comportements positifs, réguler l’utilisation des écrans et veiller à un rythme de sommeil et à une alimentation équilibrée peuvent faciliter la vie quotidienne de l’enfant. Dans le cas du TDAH, il peut être utile de diviser les tâches en petites étapes ; en cas de dyslexie, de faire travailler la lecture sans pression et de manière régulière ; dans le cas d’un trouble du spectre de l’autisme, de recourir à des supports visuels ; et dans le cas des tics, d’éviter de stimuler constamment l’enfant.

Les familles doivent également collaborer avec l’école et les spécialistes. Le processus de diagnostic et de prise en charge nécessite un suivi régulier. Si nécessaire, il est possible de bénéficier d’un soutien dans les domaines de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, de la neurologie pédiatrique, de l’orthophonie, de l’éducation spécialisée et de l’ergothérapie / intégration sensorielle.

Pourquoi le soutien de l’école et des enseignants est-il important dans les troubles neurodéveloppementaux ?

L’école est un environnement essentiel non seulement pour le développement scolaire de l’enfant, mais aussi pour son développement social et émotionnel. Les enfants atteints de troubles neurodéveloppementaux peuvent rencontrer des difficultés à l’école dans des domaines tels que l’attention, l’apprentissage, la communication, les relations avec les camarades, le respect des règles et les performances aux examens. C’est pourquoi la sensibilisation des enseignants et la mise en place d’aménagements adaptés en classe revêtent une grande importance.

Pour un enfant atteint de TDAH, il peut être utile de l’asseoir au premier rang, de lui donner des consignes courtes et claires, de diviser les tâches longues en plusieurs étapes et de gérer de manière appropriée son besoin de bouger. Chez les enfants dyslexiques, il est important de réduire la pression liée à la lecture à voix haute, de leur accorder un temps supplémentaire, de choisir des supports de lecture adaptés à leur niveau et de leur apporter un soutien à l’expression écrite. Pour les enfants atteints d’un trouble du spectre de l’autisme, il peut être nécessaire d’expliquer les routines à l’avance, d’enseigner les règles sociales de manière concrète et de prendre en compte les surstimulations sensorielles.

Le soutien de l’enseignant permet de préserver l’estime de soi de l’enfant. Les enfants qui essuient des échecs répétés ou qui sont critiqués pour leur comportement peuvent se détourner de l’école. Or, grâce à des aménagements adaptés, l’enfant devient non seulement plus réceptif à l’apprentissage, mais se sent également plus en sécurité sur le plan social. Lorsque l’école, la famille et les spécialistes collaborent, le développement de l’enfant est soutenu de manière plus efficace.

Que se passe-t-il si les troubles neurodéveloppementaux ne sont pas traités ?

Si les troubles neurodéveloppementaux ne sont pas détectés ou s’ils ne bénéficient pas d’un soutien adapté, diverses difficultés peuvent apparaître dans la vie scolaire, sociale et affective de l’enfant. Cette situation n’évolue pas de la même manière chez tous les enfants ; cependant, les symptômes non pris en charge peuvent, avec le temps, se transformer en problèmes plus complexes.

Lorsque le TDAH n’est pas traité, le manque d’attention, l’impulsivité et les difficultés d’organisation peuvent nuire à la réussite scolaire. L’enfant peut souffrir d’une perte de confiance en soi s’il est fréquemment réprimandé. En l’absence de prise en charge de la dyslexie, les difficultés en lecture et en écriture peuvent entraîner un échec scolaire, une anxiété liée à l’école et une perte de motivation. Chez les enfants atteints d’un trouble du spectre de l’autisme, les difficultés de communication sociale peuvent s’accentuer et se traduire par de l’isolement, des problèmes de comportement ou de l’anxiété si un soutien adapté n’est pas mis en place.

Les enfants atteints de tics nerveux et du syndrome de Gilles de la Tourette peuvent ressentir du stress en milieu social, en raison des moqueries, de la honte ou de leurs efforts pour réprimer leurs tics. Les troubles du langage et de la parole, quant à eux, peuvent affecter la communication, l’apprentissage et le développement des relations sociales. C’est pourquoi un accompagnement précoce et adapté est essentiel, non seulement pour atténuer les symptômes, mais aussi pour préserver le bien-être psychologique de l’enfant.

À quel service s'adresser en cas de troubles neurodéveloppementaux ?

L’un des services de référence en cas de suspicion de troubles neurodéveloppementaux est le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. Le TDAH, les troubles du spectre de l’autisme, les difficultés d’apprentissage, les tics, ainsi que les problèmes comportementaux et émotionnels peuvent y être évalués. Si nécessaire, le diagnostic, le traitement, le suivi et la prescription de médicaments peuvent être pris en charge par ce service spécialisé.

La neurologie pédiatrique joue quant à elle un rôle important en cas de symptômes liés au développement neurologique, de suspicion de crises épileptiques, de troubles du développement moteur, de retards de développement ou de suspicion d’une maladie neurologique sous-jacente. Chez certains enfants, la psychiatrie pédiatrique et la neurologie pédiatrique peuvent procéder à une évaluation conjointe.

Par ailleurs, des orthophonistes, des spécialistes de l’éducation spécialisée, des psychologues et des ergothérapeutes peuvent faire partie du processus de prise en charge. Une orthophonie peut être prévue pour les troubles du langage et de la parole ; une éducation spécialisée et une évaluation scolaire pour la dyslexie ; et une ergothérapie ou une rééducation sensorielle pour les hypersensibilités sensorielles et les compétences de la vie quotidienne.

Le service auquel les familles doivent s’adresser peut varier en fonction des symptômes de l’enfant. Si les problèmes d’attention, de comportement, de communication sociale, de tics ou d’apprentissage sont prédominants, la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent peut constituer un bon point de départ. En cas de symptômes neurologiques, de crises, de retard moteur ou de suspicion de retard de développement, une évaluation en neurologie pédiatrique peut s’avérer nécessaire.

Créé le:31 mars 2021|Mis à jour le:19 octobre 2026
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